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De l'art de corriger ses travers.

crackrockmountain:

Il y a des vieux réflexes dont il est plus difficile de se débarrasser, parce que notre entourage, “la société” comme on dit, nous encourage à les cultiver.

Comme celui de toiser et décortiquer mentalement toutes les femmes qu’on croise, pour voir ce qu’elles ont de mieux ou de moins bien que nous.

Il m’arrive encore de le faire, bien plus rarement qu’il y a… disons cinq ans, par exemple, mais la différence c’est que maintenant je finis toujours par me reprendre avant de trop salir mon karma et par retourner la situation de manière à laisser mon cerveau dans un état à peu près correct, sans traces de venin et de goudron. J’en ai suffisamment profité quand j’étais plus jeune, j’ai été absolument ignoble et cruelle par moments, dans le seul but de pointer mon canon sur une autre personne que moi au moins quelques minutes par jour et dans l’espoir d’oublier mes propres travers. 

Et aujourd’hui, alors que j’étais encore occupée à reproduire cette sale habitude dans le métro, et que je tentait, comme à chaque fois, de contrecarrer les plans de mon cerveau en lui susurrant de douces paroles féministes et semi-hippies à l’oreille, la femme que j’avais prise pour cible, elle, était trop occupée à se faire embrasser la-bouche-puis-le-nez-puis-la-bouche par son amoureux. Une scène qui aurait dû m’attendrir si je n’avais pas été une connasse en pleine rédemption. 

J’avais enfin réussi à me débarrasser des saloperies qui encombraient mon esprit quand j’ai vu son mec se lever et descendre, la laissant seule avec un petit sourire niais et une grosse trace de rouge à lèvres sur le nez. J’aurais pu la laisser comme ça, me moquer mentalement et penser au moment où elle croiserait enfin un miroir, constaterait les dégâts, et retracerait toutes les étapes de son périple pour calculer le nombre approximatif de kilomètres parcourus en public avec un nez de clown. 

Mais puisque recadrer ses pensées ne suffit pas à corriger un comportement que je juge désormais méprisant et révoltant, j’ai retiré mon casque, je me suis penchée vers elle, et je lui ai dit : “Excusez-moi, je ne voudrais pas vous embarrasser mais il vous a laissé une petite trace de rouge à lèvres sur le nez.

Elle a rougi, pouffé, porté la main à son nez et a commencé à frotter à l’aveugle, en me demandant où. J’ai bafouillé, j’ai dit “Euh… c’est… attendez… l… bougez pas." et j’ai frotté son nez du bout du doigt, pour enlever le plus gros et lui indiquer l’endroit à nettoyer. Elle a fini le boulot toute seule, m’a demandé si tout était bien parti, j’ai dit oui, et on a toutes les deux gloussé à travers nos sourires gênés en regardant dans deux directions opposées avant de faire semblant de s’endormir pendant le reste du trajet pour s’éviter une nouvelle dose de malaise.

Quand je suis arrivée à mon arrêt, je me suis levée, je lui ai souhaité une bonne soirée, elle m’a remerciée à nouveau, et nous avons repris le cours de nos vies, avec des petits sourires satisfaits plaqués sur nos visages au maquillage désormais impeccable.

Parce qu’on nous répète sans cesse qu’on doit cesser de s’opposer les unes aux autres et qu’on doit se soutenir, avancer ensemble, s’entraider et se rendre la vie plus facile, et que pour moi, ça commence au moins comme ça. 

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Ne laisse pas tes soeurs traverser la ville avec un nez de clown, et l’univers te le rendra sûrement. 

Source : crackrockmountain
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Moi, ça va

uneheuredepeine:

Ca a commencé l’autre jour. J’étais tranquillement en train de me plaindre que j’étais obligé de me raser tous les jours à cause de la société, et que c’était vraiment pénible, et que c’était quand même un petit peu la faute des femmes tout ça lorsqu’elle m’a balancé ça à la figure.

"Arrête un…

Source : uneheuredepeine
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egalitariste-gif:

Quand un homme me dit qu’il change les couches de son gosse et que donc ça prouve qu’il est pas misogyne.

egalitariste-gif:

Quand un homme me dit qu’il change les couches de son gosse et que donc ça prouve qu’il est pas misogyne.

Source : egalitariste-gif
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http://journalsanstravail.tumblr.com/post/80966393862/j-3-entree-1-il-y-a-quelques-annees-jetais

journalsanstravail:

J - 3 / Entrée 1

Il y a quelques années, j’étais encore étudiante et l’un de mes professeurs nous a fait remarqué l’inégale répartition de la parole entre garçons et filles dans l’amphi. C’était un petit amphi, de mémoire, 15 à 20 filles pour 3 ou 4 garçons.

Sa remarque, au lieu de rétablir l’équilibre, m’a rendue très mal à l’aise. C’était une information que je connaissais déjà, j’utilise le mot féministe depuis plusieurs années et je lis un peu. Mon prof étant un et prof, si je prenais davantage la parole suite à sa remarque, j’obéissais à sa double autorité. Merci merci de m’ouvrir les yeux, si je parle maintenant ce n’est que depuis ma féminité. Si comme d’habitude je ne la prenais pas, je restais imbécile et puisqu’avertie désormais, responsable de ma soumission.

And that, my dear, is a double-bind

Source : journalsanstravail
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Quand les femmes avaient nettement plus besoin de sexe que les hommes.

lillydarma:

Et comment le stéréotype s’est inversé. Traduction d’un article publié par la sociologue américaine Alyssa Goldstein sur le site Alternet.org.

Article en 3 parties : 1, 2 et 3.

Source : arfcollectiffeministe
Chat
  • Mon père hilare : Vous savez ce qu'on appelle une chauve-souris ? La peau qui pend sous les bras des vieilles femmes !
  • Moi : ... parce que ça n'arrive pas aux hommes ?
  • Mon père embarrassé : Eh bien... c'est peut-être parce que ça se remarque moins...
  • Moi : Non. C'est juste que sur un homme, tout le monde s'en fout.
Source : mamie-caro
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pas-une-planteverte:

Silvia Radelli a créé une version alternative de la carte du métro parisien pour son exposition Vies Magnifiques à la galerie L’Aléatoire à Paris. Métroféminin remplace 100 noms de stations du métro, qui sont à l’ordinaire presque toutes masculines à l’exception des stations Pierre et Marie Curie et Louise Michel (sur 303).

Pour voir le plan en grand

Source : pas-une-planteverte
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“Très jolie”

harcelementsderue:

C’est ce qu’un inconnu, encore une fois, m’a dit. Et encore une fois, je n’ai pas répondu. Parce que c’est moins facile de se défendre contre un compliment que contre une insulte, alors que c’est le premier, le plus pernicieux, qui est le plus perçant. Sur le coup j’ai eu un instant d’hésitation, je me lance ou pas ? J’explique ou je laisse passer ? Et j’ai regardé autour de moi, un ou deux passants et l’inconnu avec son groupe d’amis. Si je me lance, va-t’on m’écouter ? Contre une insulte, peut-être, contre un compliment je n’ai aucune chance d’être prise au sérieux parce que pour la majorité des gens il n’y a pas lieu de s’indigner. Pourtant c’est ce qui touche le plus. Une fois rentrée chez moi j’y pense encore, je me dis que j’aurais dû répondre finalement. Mais pourquoi ? Pourquoi la remarque d’un inconnu m’atteint à ce point ? Au point que j’en tremble, de frustration, de colère, de répugnance en écrivant ces mots ? Mon apparence m’importe assez peu, on n’a pas vraiment de prise sur son physique, pas autant que sur l’esprit. C’est pour ça que, pour moi, ce qui compte et me définit le plus c’est ma façon de penser, de raisonner et d’agir. Donc si je suis détachée de cette apparence, comment se fait-il que les remarques m’atteignent ? Parce que cet inconnu se pose en juge et me rappelle que la plupart des personnes croisées, celles qui me regardent de haut en bas, font de même. Et que tous ne se basent que sur cet extérieur qui compte si peu pour moi mais qui me définit à leurs yeux, me réduisant à mon corps et niant l’esprit, le sujet à l’intérieur, me niant moi, m’annihilant violemment. “Très jolie”. C’est d’autant plus réducteur et insultant que je ne cherche pas cette approbation et qu’elle ne signifie rien pour moi. La prochaine fois je réponds.
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“Très jolie” c’était lundi, soufflé dans mon oreille. Mercredi il y a eu “Vous êtes très belle Mademoiselle !” lancé dans la rue, mais comme l’inconnu et moi marchions dans des  directions opposées, le temps que je réagisse il m’avait déjà dépassée de quelques mètres et je l’ai laissé partir, furieuse, en serrant les poings à m’en faire mal et en jurant à voix basse. J’ai regretté de ne pas l’avoir rattrapé. Et aujourd’hui, jeudi, il y a une vingtaine de minutes, ça s’est encore produit. Et je me rends compte que j’écris “ça” pour mettre ce harcèlement à distance parce que là je suis en larmes sur ma chaise et je balance la plupart des trucs qui me tombent sous la main. Il y a donc une vingtaine de minutes, je marchais, devant moi il y avait un groupe de trois personnes, deux hommes de 20-25 ans et une femme d’environ 50 ans. On marchait dans la même direction, sur un pont au trottoir plutôt étroit et j’étais derrière eux. Je marchais légèrement plus vite, et comme à chaque fois dans ces situations j’hésite à doubler. Mais un des deux hommes s’était déjà  retourné plusieurs fois, me mettant mal à l’aise donc j’ai accéléré pour les dépasser. Au moment où je les ai croisés il m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit avec une tranquille assurance “Tu es mignonne.” Là je réagis, mais même si j’avais une explication toute prête, je n’ai pas réussi à dire ce que je voulais, et la première chose qui m’est venue a été “Et alors ?! Je veux pas savoir !” Protestations offusquées de tout le groupe. J’ai continué à accélérer, mais j’étais tout juste devant et il m’a lancé “Un jour tu rencontreras quelqu’un qui te fera du mal.” J’ai senti des larmes de rage monter mais je ne voulais pas pleurer dans la rue et surtout pas devant eux alors j’ai marché le plus vite possible mais j’ai entendu “Les filles comme ça …!” “Tu vois il faut pas être trop gentil…”. Cette fois je n’ai pas eu la force de rester, et en dehors du groupe il n’y avait aucun témoin que j’aurais pu prendre à parti. Mais je vais continuer à répondre et témoigner, même si ça me fait mal, parce que je ne sais pas quoi faire d’autre et que cette situation est intolérable et insupportable. Je n’en peux plus mais je vais continuer à me battre en espérant que de plus en plus de gens s’y mettent et qu’on réussisse, tous ensembles, à faire changer les comportements.
Lyuba
Wow. Le mec qui pense que non seulement c’est une bénédiction de recevoir son opinion que personne ne lui a demandé et qu’en plus il te fait une faveur de ne t’agressant pas physiquement. TROP AIMABLE.
Et la réaction de ses potes, typique des “nice guys”. C’est bien les mecs, devenez encore plus misogynes au lieu de remettre en cause votre comportement complètement déplacé, bravo.
Source : harcelementsderue
Text

egalitee2014:

2e prix. Texte.
Sarah Dinelli, 23 ans

Veuillez prendre en compte ma déposition je vous prie :

Aujourd’hui j’ai reçu

Ma huitième main au cul

En huit ans cela fait une moyenne d’une main au cul par an

En quatre ans une moyenne de deux mains au cul par an

Si je fais bien mes comptes aujourd’hui, j’ai reçu depuis quatre ans, en moyenne deux mains au cul annuelles

Ce sont des mains de ci de là,

Des mains courantes qu’on ne porte pas

On m’a dit qu’on s’est battues

Petite on m’a dit « ton corps t’appartient »

C’est vrai dans ma salle de bains,

Mais quand je sors dans la rue,

On me met des mains au cul

Car paraît-il je suis charmante,

Car paraît-il je suis une pute,

Faut dire qu’elle était courte ta jupe

Ce sont des mains par ci par là,

Des mains courantes qu’on ne porte pas

Comment faut-il te le dire ? Je ne suis ni charmante ni mademoiselle,

Je suis ta sœur, ta mère, oui je suis ton frère,

Un 06 j’ai pas, ma culotte touche pas,

Est-ce que tu verrais une femme faire comme toi ?

Te peloter, dans le métro, dans l’escalier,

T’interpeller, te reluquer ?

Où est-elle, ta dignité ?

Mon corps m’appartient

Alors ôte tes mains

Si tu cherches où les mettre,

Pose-les sur un livre, un magazine, une tablette tactile,

Mais pas sur ton prochain, sur ta prochaine cible ;

Pose-les sur le monde pour le bâtir, le construire, le changer,

Pose-les là où elles seront utiles pour toi pour la société,

Ne détruis pas ce qui nous reste d’intégrité.

Mesdames Messieurs je porte plainte :

Pour toutes les mains qu’on a posées sur tant de mademoiselles,

Qui essayent d’aller bosser, d’aller se promener, de rentrer chez elles,

Sans qu’on mette des mains sur elles et des mots déplacés,

Sans crainte.

Cette plainte il faut l’afficher dans toutes les rues, tous les métros, tous les couloirs,

Il faut accuser le coup

( Le coup de genou symbolique

Qu’on voudrait bien leur mettre aux cou…)

Le coucher sur le papier, c’est réclamer l’égalité,

Arrêter de se laisser faire :

Ne restons pas les mains dans les poches,

Quand on nous les met sur le cul pour nous rabaisser, sur la tête pour se défouler et sur la bouche pour nous faire taire.

Très beau poème contre le harcèlement. :)

(N’hésitez pas à envoyer vos témoignages de harcèlement de rue.)

Source : egalitee2014